Résumé

Nous étudions les fondements des règles qui sont utilisées pour évaluer les jugements humains sur la probabilité. Nous montrons que ces règles sont extrêmement difficiles à justifier car elles dépendent d’hypothèses qui ne pourraient être vérifiées qu’au moyen d’expériences empiriques, par ailleurs trop nombreuses, dans la plupart des cas, pour être effectivement réalisées. Cela permet de comprendre que les conceptions, en ce domaine, ne sont erronées que par rapport à la réalité des phénomènes aléatoires à très large échelle ; réalité que les humains n’ont aucune chance d’observer au cours de leur vie. Ce point de vue permet aussi de comprendre que les conceptions erronées, en matière de jugements probabilistes, ne sont ni le résultat de l’irrationalité de l’esprit humain ni d’un manque de connaissances ou d’habiletés en mathématiques comme on est généralement porté à croire dans la communauté des chercheurs en psychologie cognitive en particulier. Les conceptions erronées sont liées, selon nous, à certains aspects de la modélisation de situations réelles et la théorie des probabilités ne peut, par construction, intervenir dans la validation des modèles. Les considérations de cet article ont des conséquences sur l’enseignement des probabilités que l’auteur se propose de développer dans un autre article.

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